En tête à tête avec... Yacine MEHAIGNI (Lormont) : « Suivre la trace de Gringo et des autres »

30 avril 2015 - 17:44

Yacine Mehaigni est une nouvelle pépite sortie par l'US Lormont. De nombreux clubs le suivent de près dont les Girondins de Bordeaux. L'occasion de découvrir un peu plus ce jeune joueur (par M.-L. J.)

 


Yacine Mehaigni a progressé grâce au Pôle Espoir.Yacine Mehaigni a progressé grâce au Pôle Espoir. Yacine, quel est votre parcours footballistique ? 
J'ai commencé à Lormont. C'est Mohamed Azheaf qui m'a amené vers les detections sur le département puis aux sélections régionales. C'est là que j'ai été accepté au Pôle Espoirs. Mes deux années avec Jean-Luc (Gautier) etBenoit (Michelena) se sont très bien passées. Cela n'a pas débouché sur un club pro, alors je me suis tourné vers le sport-études de Mérignac, avec Cyril Coupy et Sylvain Blaquart. La première année j'étais surclassé, et la deuxième je devais confirmer mais j'ai connu une assez grosse blessure (fracture cheville-maléole). Quand c'était fini, j'ai eu un choix à faire. Bernard Larue, du Stade Bordelais, m'avait appelé. Je devais m'entraîner avec la CFA à 17 ans. Mais quand j'ai su que Jean-Luc Gautier reprenait à Lormont, j'ai tout de suite décidé de revenir à Lormont. Avoir du temps de jeu, être près de chez moi, dans mon club de cœur, là ou je connais tout le monde, il n'y avait pas photo. Je n'ai pas de regrets car ça marche très bien pour moi aujourd'hui. 

Que vous a apporté votre passage au Pôle Espoirs de Talence ? 
On nous fait progresser dans le jeu, la prise de décision, savoir quoi faire avant d'avoir le ballon. Techniquement j'étais bien déjà. Le Pôle est une très bonne expérience, qui permet de taper dans le ballon tous les jours, d'être entre de bonnes mains, de découvrir le monde de la pré-formation et le haut niveau, avec des matches contre les meilleurs joueurs des autres régions. Ce n'est que du plus. Cela permettait surtout d'être vu par les observateurs, cela prépare à aller plus haut. Les séances sont intéressantes, avec travail sur la transition, le pressing, comment exploiter les temps d'avance, comment se placer... On nous apprenait les bases, tout ce que tu retrouves plus tard. On sort avec quelque chose que d'autres séniors n'ont pas.  

LE CHOC DE LA DÉCOUVERTE DU MONDE SENIORS

"Contre des hommes parfois deux fois plus costauds, des mecs habitués et bourrés d'expérience, il faut y aller" explique Yacine Mehaigni ici à la lutte avec Ibrahima Diallo (Libourne). "Contre des hommes parfois deux fois plus costauds, des mecs habitués et bourrés d'expérience, il faut y aller" explique Yacine Mehaigni ici à la lutte avec Ibrahima Diallo (Libourne). Vous y côtoyiez Jean-Luc Gautier, votre coach à Lormont. Quels sont vos rapports ? Sont-ils particuliers ? 
Non du tout, ma relation est la même qu'avec les autres entraîneurs que j'ai eus. Je l'ai connu au Pôle. Comme je disais, quand j'ai euBernard Larue au téléphone, il m'avait dit que j'allais m'entraîner avec la CFA. Mais, quand j'ai su que Jean-Luc prenait Lormont, le choix était fait. Il me connait depuis longtemps, comme Yassine Ziane. C'est une relation sportive. Quand on me parle de Jean-Luc Gautier, je pense tout de suite football, rien d'autre. Cela se passe très bien. Il est énormément basé sur la rigueur, il m'a donné ma chance. Il veut que je prenne plus mes responsabilités, que je sois à la hauteur, que je réponde présent à chaque fois qu'il me donne ma chance, que je réponde à ses attentes. 

Comment s'est passée votre première saison à l'USL ? 
J'ai eu du temps de jeu. Je découvrais le monde séniors. Cela a été un choc, il fallait un temps d'adaptation, pour s'habituer physiquement au ryhtme, aux duels. Ce n'est pas du tout le même engagement. Je le voyais quand je redescendais avec les 19. C'était une bonne expérience. Je n'en retire que du positif, c'est un vrai plus pour moi. C'est cette année qui fait qu'aujourd'hui j'en suis là.  

"TOUS LES ANS, LES GENS NOUS VOIENT EN PL"

Belle saison pour Yacine Mehaigni et Lormont : 8e tour de Coupe de France, demi finale de coupe Aquitaine, coupe de Bordeaux... Et la course au titre de DH. Belle saison pour Yacine Mehaigni et Lormont : 8e tour de Coupe de France, demi finale de coupe Aquitaine, coupe de Bordeaux... Et la course au titre de DH. Quelle sont les différences entre les 17 Nationaux et la DH séniors ?
Ce n'est pas un problème de division, mais de catégorie. En jeune, on t'explique ce qu'il faut faire, comme à Mérignac où on travaillait les games, le placement, la tactique, le pressing. En séniors, il faut appliquer tout ce qu'on t'a appris plus jeune. Tu dois passer un cap par rapport à la différence d'âge, et surtout physique. Tu joues contre des hommes. Beaucoup de jeunes qui sont bons n'y arrivent pas ensuite en séniors, il y a eu plein d'exemples. Je pense que là-dessus j'ai beaucoup progressé. Gagner une place de titulaire à Lormont quand on est un jeune, ce n'est pas gagné... Maintenant, je dois continuer à travailler. Il n'y a que ça qui paye. 

Comment jugez-vous votre saison personnelle avec l'US Lormont ? 
Je suis satisfait de ma saison et de celle de l'équipe. Tous les ans, les gens nous voient en PL. On joue encore les premiers rôles, on est énormément vus. Sur la rive-droite et en Aquitaine, Lormont est un club côté. On n'a pas les moyens du Stade Bordelais mais on est là. Cette saison, on a fait demi finale de coupe d'Aquitaine, 8ème tour de Coupe de France et on est encore là pour jouer la montée en CFA2. 
J'ai évolué sur le plan du jeu et dans mon engagement. J'ai compris comment je devais jouer, que je devais durcir mon jeu. Contre des hommes parfois deux fois plus costauds, des mecs habitués et bourrés d'expérience, il faut y aller. La détermination que j'ai me permets de m'en sortir. Quand je rentre, je me dis que je dois tout donner. La saison dernière, Yassine Ziane me disait souvent : « Si tu veux t'imposer, il faut être un tigre. Il faut être dur, vouloir faire mal ». Il faut être armé, surtout qu'athtéliquement, je ne suis pas une masse. Après, je dois prendre encore plus de responsabilités, prendre les décisions au bon moment, et frapper au but, car je ne le fais pas assez. Je dois oser et prendre le jeu à mon compte.  

"AVANT DE S'IMPOSER, IL FAUT PROUVER"

Lors de son essai aux Girondins. Crédit : CFA Girondins. Lors de son essai aux Girondins. Crédit : CFA Girondins. Vous êtes un titulaire en puissance, mais cela ne vous empêche pas de faire un tour sur le banc de temps en temps. Comment le vivez-vous ? 
Il y a des rotations. Je ne dirais pas que j'ai une place de titulaire à 100%. A Lormont, on a l'avantage d'avoir beaucoup de concurrence, au milieu on est nombreux. Cela permet de bosser et de rester au top niveau. Je ne suis pas non plusLyes Mansour. On se permet de jouer à leur côté, avec des mecs qui ont parfois cent matches de CFA2. A 19 ans... J'essaye de saisir ma chance et d'être le meilleur possible. Après, c'est le choix du coach de m'aligner ou pas. Ce n'est que du positif, je prends ce qu'on me donne. 

A Lormont plus qu'ailleurs, les anciens sont les tauliers, presque des grands frères. Comment se fait-on une place dans l'équipe et dans le vestiaire ? 
Il faut d'abord prouver sur le terrain, la langue ne sert à rien. Les jeunes doivent montrer qu'ils en veulent, qu'ils ont faim. Il faut séduire les anciens. Ils sont à l'écoute, mais ils ne vous feront pas de cadeau. Ce n'est pas parce qu'on connait un tel ou un tel qu'on aura un passe-droit. Ils jouent le rôle de deuxième coach. Mais ce n'est que du positif, ça nous fait apprendre. Cette relation entre anciens et jeunes, on ne la retrouve pas ailleurs. J'espère qu'on la gardera. A Lormont, on ne passe par quatre chemins. Il y a le respect vis a vis de l'âge, et je suis à l'écoute. Des fois, ce n'est pas facile, mais on écoute et on se tait. Cela nous fait progresser. Si un de nous doit partir puis revenir au club, on aura nous aussi un rôle d'ancien à jouer, pour apporter notre expérience. Mais avant de s'imposer, il faut prouver.  

"AVEC EUX, T'ES OBLIGÉ DE PROGRESSER"

Etre professionnel, son ambition... Etre professionnel, son ambition... Vous êtes suivis par plusieurs clubs de haut-niveau, comme les Girondins de Bordeaux. Qu'est-ce que ça fait ? 
Le fait d'être suivi, je n'aime pas trop en parler. Vous le savez. Je préfère rester discret. Mais c'est sûr que ce n'est que du positif, c'est un plus, une fierté. Mais je me dis que ne n'est pas suffisant, car rien n'est fait encore. Aux Girondins, je me suis senti à l'aise dans le groupe. Il y a de la qualité. Mais avec du travail on peut s'imposer. Si je travaille, il n'y a pas de raison. J'ai été impressionné par le rythme des séances. Je sais à quoi m'attendre. En tout cas, je ne vais pas là bas pour un séjour, j'y vais pour m'arracher. 

Quel est votre objectif ? 
Depuis tout petit, je fais du foot, je me suis engagé à 100% dans tout ce que j'ai fait. Je continuerai. Un jour, j'espère parvenir à suivre la trace de « Gringo » (Cédric Yambéré) et des autres, ce serait un accomplissement. Jouer au plus haut niveau. 

Un message à faire passer ? 
J'aimerais parler de notre préparateur physique, Franck Feraez. Son travail a été très important pour nous. On a fait la préparation de la saison avec lui. C'est aussi grâce à son travail qu'on a bien débuté. Il fait du bon travail. J'ai la chance de travailler une fois par semaine avec lui. Il connait mes ambitions. En plus du travail de Jean-Luc etYassine, qui nous briefent très bien sur le plan tactique. Avec eux, t'es obligé de progresser. 

Source Foot33 par Emilien Gomez

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